Retour complet sur la 2ème Rencontre Citoyenne autour des MOBILITÉS

Après le thème de l’ALIMENTATION qui avait fait l’objet de la première rencontre citoyenne en septembre, la série proposée par l’équipe « Osons l’avenir ! Pour Saint Etienne et son territoire » se poursuit, en vu des élections municipales de mars 2020. Ce soir, le thème des mobilités, levier important pour la transition, avec des enjeux bien spécifiques pour une ville située à 15km d’une grande métropole régionale.

Comme pour la première rencontre, était convié à cette soirée un plateau d’invités, dans le but d’apporter idées, éclairages, contradictions et informations pour nourrir les réflexions pour la construction d’un projet pour Saint Etienne de Montluc. Une soixantaine de personnes étaient présentes dans l’assemblée.

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La première intervenante invitée par Magali à prendre la parole : Lucie Etonno, conseillère régionale, membre de la commission Transports à la Région Pays de la Loire et co-présidente du groupe Écologiste et Citoyen au conseil régional. Devenues autorités organisatrices des transports suite aux lois de décentralisation, Mme Etonno explique que les régions ont en particulier la responsabilité du ferroviaire, qui représente le second budget après les lycées.

Elle exprime, tout en le déplorant, la posture d’attente dans laquelle les acteurs se trouvent à l’heure actuelle puisque la loi LOM (Loi d’Orientation pour les Mobilités) est actuellement en débat entre Assemblée nationale et Sénat. Parmi ses différents objectifs, cette loi aura pour vocation d’améliorer la coopération entre les décideurs pour rendre plus cohérentes les différentes solutions de transport. De même, la création du SRADETT (Schéma Régional d’Aménagement, de Développement Durable et d’Egalité des Territoires) qui vise à définir les objectifs de la région en matière d’aménagement du territoire, de mobilité et d’environnement est en cours d’élaboration. Initiée fin 2016, les cartes ont été rebattues suite à l’abandon du projet d’aéroport NDDL.

L’approbation de ce schéma est désormais fixée à fin 2020. Patience donc, puisque la mobilité est un élément prépondérant dans ces deux dispositifs structurants.

Plus près de Saint Etienne, Mme Etonno rapporte un des objectifs affichés du SCOT (Schéma de COhérence Territoriale) Nantes-Saint Nazaire concernant les mobilités: développer les transports collectifs pour réduire significativement l’usage de la voiture, en particulier sur les trajets reliant les villes entre elles d’ici 2030.

Les quelques réactions dans l’assemblée mettent la lumière sur les difficultés liées à la pauvreté de l’offre (ferroviaire en particulier puisque Saint Etienne est située sur la ligne Nantes – Saint Nazaire), liées aux faiblesses en matière de coordination (multimodale, correspondance…) et liées à l’absence d’harmonisation des tarifications. L’exemple des usagers du vélo ayant peine à faire entrer leurs montures dans les trains est également mis en évidence. « La réussite des trains « jumbo vélo » équipés pour la « Loire à vélo » pour la période touristique devrait également bénéficier aux transports du quotidien pour les habitants » rapportent entre autres les différentes prises de paroles dans l’assemblée. Est également mise en évidence la particularité de la France qui en dehors de l’Ile-de-France, ne possède pas de réseau ferré péri-urbain comme d’autres pays (Allemagne par exemple), ce qui réduit considérablement les possibilités pour les trajets quotidiens vers les métropoles régionales comme Nantes.

moov.info

La parole est ensuite donnée à Aymeric Gillaizeau, second invité de cette soirée, consultant mobilités chez MOOV.INFO. Il est spécialiste en information voyageur des transports en commun et en mobilité, il intervient couramment comme consultant auprès des collectivités et des autorités organisatrices de transport pour les accompagner dans le cadre de leurs projets liés aux mobilités.

Pour être d’entrée de jeu très concret, Mr Gillaizeau livre l’exemple d’un projet au cours duquel il a accompagné LE MANS METROPOLE dans le cadre du rattachement de trois nouvelles communes à l’agglomération. Sur le plan des transports en commun, il n’y avait jusqu’à présent pas d’offre, puisque ces communes étaient « indépendantes ». Il détaille ainsi la stratégie qui a consisté à créer une offre de manière progressive, en acceptant que cela prenne du temps, en commençant par des transports à la demande sur réservation, qui de fil en aiguille ont suscité de l’intérêt de la part des habitants, pour passer à des mini-bus avec quelques aller-retours réguliers par jour, stratégie qui a permis en trois ans de faire circuler des bus classiques à intervalles réguliers.

Cet exemple montre l’importance de la création de l’offre pour que les habitants se saisissent de cette opportunité et changent leurs habitudes.

Mr Gillaizeau évoque également des exemples de villes où des bus de soirée à la demande sont proposés pour offrir des solutions de retours tardifs entre les centre-villes et périphérie pour les quartiers ne disposant pas de services réguliers de transport en commun.

COCLIQUO

Plus près de Saint Etienne de Montluc, c’est Mr Michel Barbier qui présente ensuite le projet CocliquO (COvoiturage Citoyen de LIaison entre QUartiers d’Orvault), projet porté par les Atelier écolo-citoyens d’Orvault.

Le projet est né d’un constat simple : la ville d’Orvault est répartie en quartiers particulièrement isolés les uns des autres en raison de la présence du périphérique et de la vallée du Cens et les transports en commun ne permettent pas d’assurer une fluidité suffisante entre quartiers. Le dispositif se présente donc sous la forme d’un système de covoiturage gratuit à emprunter à partir de points stop équipés de panneaux pour que l’utilisateur indique sa destination. La réduction de l’impact environnemental du transport n’est pas le seul objectif visé par ce projet, l’idée étant également de favoriser les rencontres entre conducteurs et utilisateurs.

Le dispositif est fonctionnel depuis un an, il s’agit d’une réussite.

Même si Mr Barbier pointe certains freins au développement du projet comme le financement par NANTES METROPOLE d’une quantité limitée de panneaux pour le moment.

Projet inspirant pour Saint Etienne de Montluc, ville où la voiture est de loin le premier mode de transport avec 84% des déplacements pour se rendre au travail effectués en voiture (chiffres de 2015 à l’échelle de la communauté de communes).

PLACE AU VELO
FUB logo

Autres statistiques de 2015 sur la communauté de commune, 61% des déplacements concernaient des distances de moins de 5km et seulement 1% des déplacements était réalisé à vélo, ce qui amène à l’intervention de la quatrième personne conviée à cette soirée, Mme Annie Claude Thiolat – Présidente de Place au Vélo (association nantaise) et vice-présidente de la Fédération française des Usagers de la Bicyclette (FUB). 1 à 3% des déplacements en France sont aujourd’hui effectués à vélo, l’objectif serait d’atteindre entre 9 et 12%. Pour cela, il faut composer avec des décennies d’organisation des transports et de conception des infrastructures tournées vers la voiture, ce qui ne facilite pas la tâche. D’autres pays ont pris d’autres voies et depuis longtemps, ce qui rend la comparaison criante, notamment avec les pays du nord de l’Europe.

Mme Thiolat rappelle qu’en France, le vélo est globalement considéré comme un loisir, voire un sport, avec comme évènement emblématique le Tour de France. Les efforts sont donc à porter sur l’évolution des mentalités, afin de considérer le vélo comme un véritable véhicule.

Si on le compare à la voiture, il permet sur des déplacements de courtes distances d’économiser entre 350 et 500€/mois.

Sans parler de ses autres atouts comme sa participation au maintien des cyclistes en bonne santé, l’augmentation de leur sociabilité et la grande liberté que ce mode de transport offre.

Il faut également se méfier de la traditionnelle « monomanie » française à vouloir absolument faire d’une solution l’unique solution qui devrait répondre à l’ensemble des besoins. On ne remplacera sans doute pas la voiture par le vélo et particulièrement en zone rurale, mais c’est bien l’ensemble des diverses solutions qui, coordonnées, permettront la réduction de l’impact environnemental du transport. L’intermodalité est une nécessité et le retard accumulé est très important.

L’innovation a permis ses dernières années au vélo de progresser puisque l’assistance électrique permet de réaliser des parcours difficilement réalisables auparavant. Les vélos « cargos » permettent également d’embarquer marchandises ou passagers (enfants), ce qui permet d’envisager de plus grandes possibilités pour les déplacements.

Ce thème suscite beaucoup d’intérêt et de réactions, notamment sur les difficultés rencontrées à Saint Etienne de Montluc pour circuler en vélo en sécurité, en raison de la quantité réduite de voies de circulation aménagées, couplée à la circulation des poids-lourds et généralement à la non prise en compte des cyclistes par les automobilistes.

En attendant les orientations que prendra la municipalité à l’avenir dans ce domaine, la FUB propose de répondre à une enquête nationale « Baromètre des villes cyclables » sur le site www.parlons-velo.fr. Elle a pour objectif de recueillir le ressenti des usagers sur la cyclabilité de leur ville. Les résultats permettront aux collectivités de mieux cerner les attentes des citoyens qui souhaitent se déplacer à vélo.

Quelques statistiques sur le secteur des transports en bonus (chiffres du gouvernement) :

  • Le 1er secteur émetteur de gaz à effet de serre : 30 % des émissions.
  • 1 Français sur 4 a déjà refusé un emploi faute de solution pour s’y rendre.
  • Sur 80 % du territoire, aucune collectivité ne propose de solution pour les transports du quotidien.
  • Le 1er poste de dépenses pour un ménage (18 % du budget en moyenne), devant l’alimentation et le logement.
  • 7 Français sur 10 se rendent au travail en voiture

Un débat riche avec la salle a permis d’entrevoir des solutions mais surtout de poser le débat problématique des mobilités sur notre commune. Établir un Plan Vélo pourrait être une première action concrète et facilement réalisable par une commune.

Vous n’y étiez pas ? Jetez un oeil sur cet article concernant les vélos.

L’échelle de la commune est la plus pertinente pour mettre en place ce cahier des charges que nous vous proposons d’écrire ensemble !

Prochaine rencontre citoyenne : jeudi 21 novembre à 20h salle Voltaire et Duras au Manoir à Saint Etienne de Montluc. Thème : le VIVRE ENSEMBLE !

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